jeudi 21 février 2008

Bonsoir,


Cela fait maintenant 6 jours entiers que je suis ici. J'ai appris déjà des milliers de choses.


Avec Widodo, on a convenu de travailler 2h le matin et 2h l'après midi. Ca peut paraître peu pour beaucoup d'entre vous mais en fait, ça, ce sont les moments où l'on pratique vraiment à fond. Essayez de garder les bras en l'air et de manipuler des marionnettes pendant 2h affilées et on en reparle ensuite !


En dehors de ces 4h convenues, en fait, on travaille ! Widodo est tellement content de me montrer plein de choses qu'il n'arrête jamais ! Il me raconte des choses, me montre la musique, on regarde des dvd... ça n'arrête pas.


J'adore, je suis complètement embarquée dans cet univers. Mais il est vrai aussi que je sens que je vais pas pouvoir tenir 2 mois à un tel rythme. Je ne suis jamais seule, je n'ai pas 1h pour souffler, penser ou faire autre chose... Il va falloir que je me trouve un équilibre pour avoir le temps de digérer tout ce qu'on me donne ici.


Widodo n'arrête pas de me répéter « for you, no problem ! ». Il me dit que je me débrouille très bien. Du coup, on avance très vite. On a déjà appris 2 chants (courts), touché à 3 instruments, et en manipulation abordé 4 combats entre singes. Sans parler de toutes les discussions au cours desquelles j'ai rempli mon cahier d'une dizaine de pages de notes.



la notation de la musique (et là y'a que 4 instruments de noté ! peut y'en avoir jusqu'à 20 !)


Ce soir, on va revoir du Wayang pendant toute la nuit. Cette fois-ci, ce sera à Solo (1h de route d'ici). J'espère que ce sera aussi bien que dimanche soir, que ce n'était pas juste une exception.


Sinon, pour raconter autre chose que boulot simplement : ici il pleut. Mais pas autant que je croyais. Simplement des averses comme on a parfois en été chez nous. Pas méchant. Même plutôt agréable. Mais même lorsqu'il ne pleut pas, il ne fait pas trop chaud. Pas vraiment de soleil, peut être pour ça. Enfin en tous cas, j'aime bien ce temps moi ! Au moins on n'étouffe pas.


Hier en fin de journée je suis allée me balader un peu. J'aime beaucoup le coin où ils vivent. Il y a plein de montages alentours (région du Mont Mérapi oblige), de jolies montages pleines d'arbres d'un beau vert. La région est donc vallonnée. C'est bien, ça change de tout ce que j'ai vu jusqu'à présent.



la campagne environnante, la terre rouge magnifique




les maisons traditionnelles, les chèvres dans leur étable...




situation improbable mais bien réelle ! espérons que ça porte chance.



Leur maison n'est pas une maison typique javanaise. Elle ressemble plutôt à une maison comme chez nous (maison coloniale pour eux). Carrelage au sol, meubles qui ressemblent aux nôtres... Ce qui est rigolo, c'est d'avoir un bassin avec poissons quasiment dans la maison.





la maison vu de la route



La famille est donc composée de : Widodo le papa, Kianti la maman, Wahyu le fiston, Hana la fifille (clin d'oeil à Grégo), et puis aussi le père de Widodo qui vit dans une partie de la maison qui pourrait s'apparenter à..... un garage. La maison voisine est habitée par la soeur de Widodo. Il y a aussi la mère de Kianti qui est souvent là mais j'ai pas encore bien compris où elle habite ! Et puis sinon y'a aussi une jeune fille qui est là pour s'occuper des enfants, faire à manger, la lessive etc... Enfin bref, vous l'aurez compris, c'est une grande famille et y'a toujours du monde de passage dans cette maison.


Niveau repas, c'est vraiment bon. A base de riz, comme partout ici en asie, mais pas seulement. Le grand truc ici ce sont les beignets. Y'a des beignets de tout : de poulet, des oeufs, de cacahuètes, de carottes, de pomme de terre... enfin bref, des « goreng », y'en a de toutes sortes.

Pour me faire plaisir je crois ils ont même acheté du fromage. Enfin, un semblant de formage qui n'est pas si mauvais que ça d'ailleurs !




toute la journée il y a à manger sur la table. chacun se sert comme il veut. exemple de "goreng".




le "fromage" local, le "nutella" local



Aujourd'hui, on a encore manipulé ce matin et l'après midi, on a chanté. On a revu les deux chants de l'autre jour. Je les ai presque. Juste quelques notes difficiles à entendre pour nos oreilles occidentales. Les notes ne sont pas les mêmes, les structures de musique non plus. Il faut s'adapter.


Lorsqu'on a vu la musique l'autre jour aussi, j'ai mit un peu de temps à comprendre tout ça. C'est tellement différent de notre système français. Dans l'idée, si vous voulez, un instrument ne peut pas jouer seul. Il est indissociable des autres. Ils créent la musique ensemble. Ce qui fait que quand vous lisez une « partition » (plein de chiffres, de signes dans tous les sens), vous devez lire que ce qui vous concerne mais c'est pas facile à trouver au milieu du reste ! Et quand faut jouer ben c'est pareil : faut écouter les autres et jouer avec eux. Exercice difficile pour moi mais très honnêtement, je m'en sors pas mal. Widodo m'a félicitée.


Bref, j'aurai des milliers de choses à raconter mais vous ne liriez peut être plus si c'était trop long. Donc, plus de nouvelles la prochaine fois !



mardi 19 février 2008

Bonsoir,


Dimanche soir, Widodo m'apprend qu'on va voir du Wayang. Je me réjouis, bien sûr ! Il me dit ensuite que cela va durer 7h. Je me dis que ça va aller, que j'ai déjà vu parfois plus long en France (...).


On s'apprêtait à partir quand on reçoit la visite de deux hommes dont l'un que j'avais déjà rencontré au mariage et qui m'avait paru un peu collant, fatiguant. Ils sont restés 1h30. Je me suis ennuyée comme c'est pas permis pendant qu'ils étaient là, et du coup je me disais « oulah, si tu n'arrives pas à supporter 1h30, les 7h de wayang vont être difficiles ! ».

Sur cette crainte, on prend la voiture et on s'en va pour la nuit.


Dès les premières minutes de la représentation, j'ai été certaine que je ne m'ennuierai pas du tout. Et effectivement, ça n'a pas été le cas. L'anecdote de la visite ennuyante, c'est pour vous dire que parfois, on s'ennuie plus en 1h30 de temps qu'en 7h. (au passage : « un temps paraît long lorsqu'il n'est pas juste »).


Par où commencer pour vous parler de cette nuit de théâtre d'ombres...... Il y a tellement de choses à dire. Je crois que ce soir là, j'ai senti que je ne m'étais pas trompée, que c'est vraiment du théâtre que je veux faire dans ma vie. C'est tout bête mais j'ai eu la preuve que le théâtre peut réunir les hommes et les rendre meilleurs entre eux.


Une citation au passage, qui m'accompagne depuis quelques temps, que j'ai souvent en tête :


« Pour que le théâtre vive, il faut qu'il apporte à l'Homme des raisons de croire, d'espérer, de s'épanouir ».

Jean Vilar


Pour vous donner une idée de l'ambiance des représentations ici : je me croyais à une sorte de fête de famille où le cousin Albert a préparé une chanson pour tout le monde, ou bien la petite cousine Chantal qui a écrit une scène de théâtre... et toute la famille rit, partage ce moment. Chacun peut intervenir comme il veut, les acteurs (ou le marionnettiste) ne sont pas réellement plus importants que les spectateurs. C'est un vrai moment de partage.


Toute la nuit on nous sert à manger (soupes, gâteaux, thé, riz, viandes, cacahuètes et... redbull en fin de représentation pour tenir le coup !) on peut s'asseoir par terre, se balader au milieu des musiciens, dormir dans un coin, fumer, discuter avec son voisin (oserais-je dire son prochain ?)...


A un moment, l'un des comédiens qui était pour animer, a demandé à Widodo et sa femme de venir. Ils ont joué ensemble, on parlé de plein de choses, sa femme a chanté (elle est chanteuse traditionnelle de métier). Je pense qu'ils sont réellement des gens importants dans la Région, tout le monde les connaît. Et puis évidemment..., ça devait arriver, on m'a dit de venir aussi. Ils voulaient que je chante aussi. J'ai décliné l'invitation. Mais j'y suis quand même allé pour discuter, raconter pourquoi j'étais là etc. Du coup après, toute l'assemblée savait qui j'étais et j'avais droit à des sourires et des « hello miss cécile! » de la part de tout le monde !





Widodo et sa femme, devant l'écran (où il n'y a personne en fait ! tout le monde regarde derrière)




l'intérieur et l'extérieur de la salle avec plein de monde qui regarde de l'extérieur du dehors


vers 3h du matin..., et le détail des nombreuses marionnettes plantées en file indienne sur le côté gauche de l'écran (pareil à droite)



Je ne crois pas pouvoir réellement bien décrire tout cela. Pas moyen de trouver les bons mots, il faut le vivre pour savoir.


En tous cas, ça m'a permit de (presque) balayer ce trentième kilomètre ! Ça m'a réconfortée, j'étais bien, en famille, dans une ambiance profondément altruiste.


En dehors de ça, je travaille. Encore et toujours. D'arrache pied. Je suis rentrée du Wayang à 5h du matin (à l'arrière d'une moto, vent de liberté en pleine nuit), j'ai dormi 3h et hop ! Au boulot !


Je travaille la manipulation, je m'exerce. Faire et refaire encore. Pour le moment, Widodo me fait travailler le combat entre Hanuman et Angkot, deux singes. C'est ce qui est le plus difficile donc lorsque je maîtriserai cela, j'aurai fait le plus gros.


Et puis je lis. Me suis plongée dans le Mahābhārata.


Et puis aussi aujourd'hui on a commencé le chant. Le dalang chante parfois pour introduire une scène. Il existe 3 types de chant :coléreux, calme, triste. Celui que je travaille fait partie de la deuxième catégorie.



Dans l'ensemble, je crois que Widodo est plutôt content de moi. Un rapport simple est en train de s'installer entre nous, où l'on peut se dire les choses sans prendre des pincettes.


Dans le Mahābhārata, j'ai lu une phrase qui me donne la « force de continuer » :


« L'aveugle ne sait ni comme il va, ni où il marche.

L'homme sans volonté est pire qu'aveugle. »

Varuda, Dieu de la Vertu



Voilà en gros : je ne sais pas vraiment où je vais mais j'en prends le chemin en tous cas.




dimanche 17 février 2008

Bonsoir,

Voilà donc 2 jours que je suis arrivée à Wonogiri, petite bourgade proche de Solo sur l'île de Java.

L'arrivée a été étrange. Aussitôt atterri qu'on me fait monter dans un gros 4x4 luxueux. Je n'ai aps trop compris où je débarquais.

Widodo est venu me chercher avec sa femme (très gentille, très prévenante), on est allé manger au restaurant et quand on est parti, je ne l'ai pas vu payer....... bizarre...

Puis hier, de bon matin, on s'est mis au boulot. Intensif. Il avait préparé un cahier avec des mots en anglais, ce qu'il allait me dire, pour rien oublier. Touchant. Il m'apprend tout. De A jusqu'à Z. Comment se passe la représentation, les personnages, l'histoire, la manipulation, les chants, la musique... Incroyable générosité.

L'après midi, je ne savais pas trop où on allait. Ils m'ont emmené voir quelqu'un, ça avait l'air très officiel. Ils m'ont fait entrer dans un grand bureau avec plein de monde autour d'un monsieur en costard cravate. On m'a fait asseoir, tout le monde avait l'air très respectueux du monsieur qui m'accueillait. Il m'a posé des questions, m'a demandé comment j'avais eu mon visa (sinon il m'en aurait fait un gratos là maintenant si j'ai bien compris !), il s'est intéressé un peu à moi. Je n'ai pas bien compris ce que je faisais là. Etrange.

Finalement, si j'ai bien compris, Widodo avait tenu à me faire rencontrer le président de la Region de Wonogiri. Donc oui, c'était un monsieur important.

Après, encore une fois, j'ai suivi sans savoir où on allait. Grande réception, très guindée, très réglée, traditionnelle, je comprenais rien. J'ai finit par saisir qu'on était en train d'assister à un mariage. Ca a duré quelques heures, le temps pour moi d'être bien plongée dans l'Indonésie traditionnelle. J'ai eu le temps d'observer. Des tas de rites particuliers.

Le soir ensuite, on a encore travaillé avec Widodo.



Widodo en démonstration du combat entre 2 singes, et l'écran : l'endroit où l'on travaille depuis 2 jours



un personnage du Mahabharata (autre épopée comme le Ramayana)


Puis aujourd'hui, on s'est remis encore au boulot ce matin. On discute beaucoup aussi. Il m'apprend beaucoup, on partage aussi pas mal.

Je vis donc chez lui, avec sa femme et ses deux enfants (dont une petite d'à peu près 6 ans, très mignonne). L'ambiance est très différente de tout ce que j'ai vécu pour le moment. Je mange avec eux à table, je dois aller me servir dans le frigo, faire comme chez moi. Il m'a clairement dit qu'il voulait que je fasse parti de la famille.

C'est ce que j'essaie donc de faire depuis 2 jours.

Leur maison étant au milieu de la campagne, il va m'être difficile d'avoir internet régulièrement. J'essaierai tous les 2 ou 3 jours d'aller à la ville d'à côté pour donner des nouvelles. Le rythme va donc changer ici aussi.

En tous cas, c'est en gros ce à quoi je m'attendais : un rapport au maître très présent, une vie de « disciple » tout en partageant une vie de famille et des discussions très ouvertes. Donc pour le moment, si vous vous le demandiez : oui, ça se passe bien.


vendredi 15 février 2008



Bonjour !



Juste pour dire : je suis à l'aéroport, j'attends mon avion tranquillement.

Voilà, juste pour que vous soyez au courant quoi.

Je donne des nouvelles dès que je peux ensuite.

jeudi 14 février 2008

Bonsoir,


Résumé des trois derniers jours : dormir, se promener, aller chercher le visa, se promener, dormir, se promener, dormir, se promener dans des centres commerciaux, dormir, se promener dans la seule librairie française de la ville, dormir, visite à l'Alliance Française, dormir, faire de la lessive, dormir, écouter de la musique, prendre le plus de métros ou de skytrain possibles par curiosité, dormir.......


Bon vous l'aurez compris, je me suis reposée.



chinatown, les embouteillages, la ville quoi...




le skytrain, le centre commercial Suria à KLCC (impressionnant !)



Voilà, on y est. Demain, je prends mon avion direction l'Indonésie, mon dernier pays. J'atterris à Solo (ou Surakarta, deux noms pour une même ville) en fin d'après midi. Le maître qui m'accueille chez lui pendant 2 mois m'attendra à l'aéroport. Son nom ? Widodo Willis. (allez-y pour les blagues sur bruce willis... faites le maintenant, comme ça, ça sera fait !).


J'avoue, j'ai hâte d'être à demain. Parce que je ne sais absolument rien de l'endroit où je vais. Je sais même pas si je serai dans une ville ou en campagne. Je ne sais pas si j'aurai accès à internet. Grosse différence avec tout ce que j'ai vécu jusqu'à présent : je vais vivre chez lui. Finit l'indépendance et la possibilité d'organiser mes journées comme je veux. Donc ça peut aussi changer des choses concernant ce blog. J'en sais rien à vrai dire.


J'avoue, aussi, que c'est un peu dur là. Grégo m'a dit que sur un marathon de 42 km, il paraît que le trentième est toujours très difficile et qu'après, ça va tout seul. Et bien ça doit être ça : j'en suis au trentième !!! J'espère qu'il va pas être trop long ce kilomètre........


J'ai repris mon souffle quelques jours. Allez, maintenant je prends une grande inspiration, je ferme les yeux et je fonce pour la dernière ligne droite !



lundi 11 février 2008

Bonsoir,


Ayé. Grégo est reparti. Je suis à nouveau seule perdue au milieu de l'Asie.


Je vous raconte quand même nos dernières journées passées ensemble :


Samedi soir, on a vu le spectacle de Wayang Kulit de Yussof Mammath, le marionnettiste avec lequel on avait bien sympathisé. Même s'il parle pas anglais, et nous pas le malais, le partage est là.


Avant le spectacle, je lui ai fait essayé une marionnette à gaine. Il était super emballé, il a immédiatement joué avec.




comme un gamin avec polichinelle



Son spectacle nous a plus plu que celui de mercredi dernier. Même si on ne comprend toujours pas l'histoire, on arrive à se raccrocher à certaines choses. Les voix des personnages se distinguent vraiment les unes des autres, il y a des scènes comiques dont on comprend à peu près le propos. Et puis surtout, il va loin avec la manipulation. Il utilise vraiment toutes les capacités de ces belles marionnettes. Et ça, ça manquait au premier spectacle qu'on avait vu.



derrière l'écran, une scène de démons




Râmâ et Hanuman (un prince et un singe)



A la fin de la soirée, j'ai décidé de lui offrir une marionnette à gaine. Il en était fort content. Il a voulu nous inviter à manger le lendemain chez lui, mais on lui a dit qu'on repartait aussitôt. On a gardé nos contacts l'un l'autre, j'espère que cette rencontre pourra porter ses fruits un jour ou l'autre.


Puis ensuite de samedi soir à ce matin, ce n'a été que du transport. Le pays entier étant bloqué à cause du nouvel an chinois, nous nous sommes débrouillés comme on pouvait pour rejoindre Kuala Lumpur d'où Grégo devait décoller ce matin. Je vous raconte pas tous les détails, mais soyez assurés qu'on a bien rigolé !! Et qu'on s'est fait des frayeurs aussi !


Après avoir raccompagné Grégo à la gare pour qu'il aille à l'aéroport, je suis allée à l'ambassade d'Indonésie où j'ai fait ma demande de visa. Et bien, devinez quoi ? Il sera prêt demain dans la journée !!!!


Et dire qu'on a perdu 3 jours à aller à Penang, l'île moche, pour rien du tout......


PS : pour ceux qui se demandent pourquoi Grégo marchait en nu-pieds dans la jungle.... vous lui demanderez de vous raconter l'histoire quand vous le verrez ! (il s'est fait piquer ses chaussures.......)


vendredi 8 février 2008

Bonsoir,


Voici donc les nouvelles des deux dernières journées.


M.Roselan nous a bien confirmé que les deux autres personnes que je voulais voir sont mortes. Il a fallu occuper les journées autrement que prévu.


Mercredi, nous avons passés l'après midi au Gellangang Seni ( = Centre Culturel) de Kota Bharu. Il y a avait des démonstrations de jeux, de musiques ou de danses traditionnelles (jeu de la toupie, musique sur des noix de coco, arts martiaux du coin...). On pensait y voir plein de touristes et finalement, nous n'étions que 5 (dont un autre français qui est avec nous à notre Guest House avec qui on a sympathisé un peu du coup).


Le soir, il y a avait une représentation de Wayang Kulit. On a regardé l'installation, on a échangé un peu avec les musiciens, je leur ai expliqué ma démarche etc. Encore un moment où je montre des photos sur l'ordinateur.


On a été surpris par la représentation : ça commence par 45 min de musique sans jeu de marionnette. On a pas l'habitude d'introduction aussi longue en France. Ici, apparemment, tout le monde y est habitué. Les musiciens se trouvent derrière l'écran donc on attendait sans rien voir (juste écouter). Puis finalement, on a fait comme tout le monde : on s'est déplacé pour voir derrière.



derrière l'écran, le dalang manipule




derrière l'écran, y'a aussi les musiciens. ou même des copains tout simplement !




devant l'écran, les couleurs apparaissent contrairement aux marionnettes cambodgiennes



Pendant la représentation, les codes ne sont pas les mêmes que chez nous. Tout le monde peut se lever (on était assis par terre) et peut aller voir derrière l'écran. Certains s'assoient même avec les musiciens, papotent. Les musiciens fument, envoient des messages avec leur téléphone pendant le temps de la représentation. Étonnamment, pour eux, c'est du quotidien. Ils font ça de la même manière qu'ils prennent un bon repas. Tranquillement, en profitant.


On a eu du mal à suivre l'histoire parce que le texte est vraiment important pour comprendre (et c'était en malais vous vous en doutez). Mais on est resté jusqu'au bout quand même. A la fin, tout le monde se lève et s'en va sans applaudir avant même que le spectacle soit réellement finit (la musique continuait). Pas les mêmes coutumes.


Hier, on est allé visiter le musée où il y avait des vieilles marionnettes et des instruments de musique. Pas mal d'informations sur le Wayang Kulit et les arts en général.


Puis après on est retourné voir le vieux bonhomme de mardi pour lui faire un petit cadeau mais il n'était pas chez lui. On a donc laissé le cadeau et on est revenu en ville par un coup de bateau, comme l'autre jour (juste à traverser la rivière).


Et enfin aujourd'hui, comme on avait la journée entière de libre, on a décidé de quitter un peu Kota Bharu et d'aller voir plus loin.


Nous sommes allés nous promener dans la jungle, dans un endroit où il y a quelques chutes d'eau. Ce ne sont pas d'immenses chutes mais la balade a été tout de même chouette. On a remonté la rivière les pieds dans l'eau au milieu de la jungle. On se croyait en pleine exploration genre Nicolas Hulot. C'était bien. Calme.


chutes d'eau et jungle (les arbres sont très grands, regardez la taille de Grégo Renault en proportion)


ils ont même bétonné un peu certaines chutes pour en faire un Center Parc local



Et puis voilà pour tout ça.


Demain c'est samedi. Le soir on va voir jouer le vieux bonhomme qu'on aime bien. Ensuite, on ira à la gare et on attendra un train pour pouvoir rentrer sur Kuala Lumpur où Grégo doit prendre son avion lundi... oui, déjà !


mardi 5 février 2008

Bonsoir,


Comme je vous avais écrit ce matin même, nous sommes allés à l'office du tourisme en fin de matinée. Le directeur, M.Roselan est très drôle, il parle un peu français et se démène pour aider les gens. L'ambiance est plutôt à la rigolade dans ces bureaux !


Il nous a appris que demain soir au Centre Culturel, il y aura un spectacle de Wayang Kulit. ON ira donc. Il nous a aussi conseillé d'aller voir un certain Pak Soh (qui veut dire Monsieur Soh) de l'autre côté de la rivière, dans un village qui s'appelle Kampong Laut (kampong signifie littéralement « village »).


Pour y aller, on a pris un bus tout vieux, avec un boîte de vitesse vraiment réticente à la première (et même un peu à la seconde et à toutes celles qui suivent...). On était pas vraiment sûrs d'arriver mais finalement, on a atterrit où on voulait.


Après quelques recherches dans le village, on trouve une petite cabane au bord du fleuve à l'intérieur de laquelle se trouve un maître marionnettiste et tout son matériel de spectacle (figurines, instruments de musique, matériel de fabrication, écran...).


Très vite, on se rend compte qu'il ne parle pas anglais. Difficile. Mais on réussit à communiquer avec les mains. Je lui montre sur mon ordinateur des photos du Cambodge, pour qu'il comprenne que j'ai déjà fabriqué des marionnettes, que je connais le Ramayana etc. Il comprend tout à fait et s'intéresse aux marionnettes cambodgiennes.



étalage de marionnette, sur l'ordi, atelier musique



Ensuite, il nous a montré plein de choses. La fabrication (qui diffère toujours un peu d'un endroit à un autre), les marionnettes en elles-mêmes (bien plus épaisses et donc moins fragiles... très colorées, grandes), la musique... On a passé presque 2h en sa compagnie. Il était drôle, passionné, et avait envie de partager tout ça.


Il nous a montré pleins de photos de visiteurs déjà passés avant nous. On s'est donc rendu compte que le coup d'aller demander à l'office du tourisme qui nous envoie directement ici, on a pas été les seuls à l'avoir fait. Mais on s'en doutait !


Mais par contre, il nous montré certains trucs qu'il ne doit pas montrer à grand monde. On a pas le droit de vous le dire, on a promis de garder le secret.




marionnette de : Sita, Lakshmana et d'un géant


Puis il nous a dit qu'il jouerait samedi soir lors de la grande fête qui va avoir lieu en ville, à Kota Bharu.


On a acheté une marionnette d'Hanuman (l'ami singe de Rama).


Comme j'avais aussi d'autres noms de dalang (marionnettiste) à aller voir dans le coin, je lui ai demandé s'il les connaissait. Il y avait deux autres noms, ils sont apparemment morts tous les deux. On a comprit la même chose Grégo et moi donc ça doit être vraiment ça. On ira tout de même vérifier l'information demain auprès de M.Roselan à l'office du tourisme. Parce que sinon, ça veut dire qu'il va falloir qu'on trouve d'autres occupations d'ici samedi...



Bonjour,


La journée d'hier a été plus intéressante que ce que l'on imaginait.


Le matin donc, nous sommes allés à l'Akademi Seni de Kuala Terengganu. La quinzaine d'étudiants présents nous ont joué un morceau de Wayang Kulit (20min environ). Exprès pour nous.


Tous les étudiants sont musiciens à la base. Ils ont appris et connaissent la musique en arrivant à l'école. L'académie leur permet de se regrouper, de mettre en forme des spectacles et de les jouer. Ce n'est donc pas, à proprement parlé, une école ou un conservatoire comme on connaît en France.


Ils ont tous une vingtaine d'années, et certains se spécialisent dans le théâtre ou la danse. A l'académie, ils travaillent aussi le violon, l'accordéon, la contrebasse, la guitare... toutes sortes d'instruments occidentaux. Ca fait drôle ce mélange.


Ce qu'ils nous ont présentés n'était pas un extrait du Ramayana. L'histoire concernait 3 personnages grotesques (les bouffons). On a pas tout compris mais c'était bien.



instruments traditionnels et écran, deux des trois personnages





les 3 personnages, et Bob, le marionnettiste derrière l'écran



derrière l'écran, et le groupe au complet qui voulait poser pour qu'on ait une photo d'eux



Dans l'ensemble, on était plutôt surpris positivement. Après la discussion de la veille, on s'attendait à voir de la tradition passée à la moulinette, avec un mélange de tout et n'importe quoi, vendue en kit et jouée pour pas cher devant des ministres pour les fêtes du gouvernement (le directeur de l'école nous avait dit qu'ils jouaient souvent pour le gouvernement).


Nous n'avons pas vu cela. Heureusement !


Mais le mystère du directeur qui ressemble plus à un grand producteur qui gagne plein d'argent n'est pas élucidé...


Ensuite, on a attendu notre bus, on est monté dedans, et on est arrivé à Kota Bharu en fin d'après midi.


On a trouvé une chouette Guest House tranquille avec jardin et tout et tout...


On reste ici jusqu'à samedi soir.


Aujourd'hui, on va aller se renseigner à l'office du tourisme de la ville. Il paraît que le directeur connaît beaucoup de choses et qu'il pourra nous être utile de le rencontrer.



dimanche 3 février 2008

Bonsoir,



Hier, on a passé la journée à rien faire, à attendre sagement notre bus. Rien de bien intéressant.


Puis cette nuit, on a pris notre bus entre l'île de Penang et Kuala Terengganu (cf. carte). Le bus étant climatisé à fond, et m'étant retrouvée juste au dessous d'une bouche d'aération, j'ai attrapé un bon rhume. C'est tout de même malheureux d'être dans un pays où il fait 30° toute la journée et de réussir à se choper un rhume ! (Note de Grégo : on a passé la nuit à traverser une forêt. Et c'est comme par chez nous, il faut faire attention aux animaux... D'où quelques violents coups de frein au dernier moment, dont notamment un pour éviter un éléphant qui voulait passer de l'autre côté et qui du coup nous a regardés, pépère...)


On est donc arrivé à KT à 5h du matin. Autant au Cambodge à cette heure-ci, les rues commencent à vivre, autant ici, rien du tout. On a donc trouvé un petit parc en bord de mer et on s'est ré endormi quelques heures sur des bancs publics. On gênait personne, c'était désert.


Puis à 8h30, on a trouvé une chambre.





du temps passé à regarder les cartes, et du temps passé dans le bus pour arriver à la gare des bus (?)



Puis dans la journée ensuite on a essayé de se renseigner à propos du Wayang Kulit à l'office du tourisme. Au début, on nous répond que y'a rien ici. Puis, dès qu'on se met à discuter un peu, on sent qu'ils ont finalement bien envie de nous aider. Ils téléphonent à droite à gauche, se parlent entre eux (nous, on comprend rien, on attend)... on a une petite dizaine de personnes autour de nous qui a l'air bien contente de pouvoir aider des occidentaux qui s'intéressent au théâtre d'ombres. Ils sont fiers. (NdG : il faut dire aussi qu'ils doivent avoir un visiteur tous les deux jours environ...)


Tout ce branle-bas de combat pour finir avec une adresse d'une école de Wayang Kulit, que l'on peut apparemment aller voir dans l'après midi.


Nous nous sommes donc déplacés à l'académie Seni (ASENI). Nous avons été reçu par le directeur de l'école, cela faisait très officiel. On a discuté de plein de choses, notamment sur le fonctionnement de son école (NdG : et il nous a offert un lait-chocolat, le premier depuis 15 jours pour ma part, très apprécié). Il nous a conseillé de revenir demain matin, au moment où les cours auront lieu. Les étudiants pourront nous jouer des choses, et nous on pourra leur montrer un peu les marionnettes à gaine. C'est une fort bonne idée.


On avait déjà pris nos tickets de bus pour Kota Bharu demain matin. On a réussit à changer notre horaire de départ.


Demain matin donc, nous allons voir comment fonctionne cette école d'art (principe un peu d'un conservatoire si j'ai bien compris), puis nous prendrons notre bus pour Kota Bharu dans le milieu de journée. Nous resterons ensuite là bas jusqu'à samedi prochain. Nous avons 3 ou 4 maîtres marionnettistes à visiter là bas.



vendredi 1 février 2008

Bonsoir,


Aujourd'hui, journée pourrie.


Une carte pour se repérer, sinon ça va être compliqué ce que je raconte par la suite.





en orange tracé, ce qu'on a fait aujourd'hui. en pointillés, ce qu'on prévoit de faire.



On a réussit à prendre un bus pour Penang ce matin. Jusque là, pas trop de soucis (même si il a fallu un peu marchander pour pouvoir en prendre un à l'heure que l'on voulait et que du coup, on a payé un peu cher).



on a fait de l'autoroute d'un bout à l'autre, avec même des pubs Citroën ! le type H nous poursuit !


Là où ça se complique c'est quand on est arrivés à Penang (6h de bus plus tard) au Consulat d'Indonésie. Je rappelle qu'on était venu pour ça : pour faire mon visa pour l'Indonésie qui pouvait être fait ici en une journée seulement.

Pis d'un coup, on a tilté qu'on était vendredi et que ça nous mettait tout notre plan en l'air.


On s'est renseigné au consulat. Effectivement, il suffit d'une journée. Mais faut attendre lundi pour déposer le dossier et récupérer le visa mardi matin.


Oui d'accord.


Ca nous avance tout ça.




centre de Georgetown. comme vous pouvez le constater, c'est à grande majorité chinoise... d'où notre soucis de bus !


Du coup, on réfléchit et on se dit qu'on va aller d'abord sur la côte est et qu'on reviendra ensuite ici, qu'il faut éviter de perdre trop de temps.


Là dessus, on va demander si il y a des bus pour Kota Bharu (ville à l'Est), toutes les agences du bus nous répondent « full full until 9th february »..... nous, interloqués, on se demande bien pourquoi tout est bloqué pendant 10 jours ! Et puis on finit par tilter qu'on est en plein nouvel an chinois et que, probablement, les chinois partent vers Kota Bharu pour prendre un bateau là bas.


Mais tout ça nous avance pas plus. On a l'air bien parti pour rester (?) bloqués sur cette île pas belle, dans la ville moche qu'est Georgetown (grosse ville de l'île de Penang) pendant une bonne semaine.


On est dépités.


Quand, tout à coup, j'ai la bonne idée de descendre directement à Kuala Terrangganu et remonter ensuite à Kota Bharu si l'on peut. Mais au moins, ça nous fera quitter cet endroit moche.


Et vioup ! Aussitôt dit, aussitôt fait ! On a acheté des billets pour un bus de nuit entre Penang et Kuala Terranggannu. On arrivera là bas dimanche matin. (Note de Grégo : et moi j'ai trouvé que prendre le bus de nuit nous permet d'économiser l'hôtel. Y a pas de petits profits !)


Bon, tout ça n'arrange pas notre affaire de visa... mais il sera toujours bon de revenir ici après notre périple à l'Est ou bien de le faire faire à Kuala Lumpur juste avant de partir en Indonésie (mais ça prendre 3 jours au lieu d'un seul à Penang).


Bref.


Journée pourrie en somme, on l'a déjà dit et vous l'aviez compris.