mardi 5 août 2014

Enregistrement du Mahâbhârata

Bonjour,

Après le spectacle, voici venir le disque du Mahâbhârata. Nous enregistrons aux éditions Oui'dire, une maison de disque spécialisée dans la littérature orale.

Pour plus d'infos et pour aider le projet, rendez-vous sur : http://www.kisskissbankbank.com/le-mahabharata-enregistrement-d-un-triple-cd

Du 28 juillet au 6 août, nous étions enregistrement.

Voici un petit Carnet de bord de ces journées (du plus récent au plus vieux):

07/08/14 :
Nous sommes en enregistrement depuis 7 jours maintenant ! Nous avons très très bien avancé. Le résultat, bien que pas encore mixé ni travaillé, sonne déjà très bien dans nos casques lorsque nous écoutons après une prise. C'est bon signe !

Pascal

Il nous reste quelques jours pour enregistrer encore de petites choses par-ci par-là et pour commencer un pré-mixage et le valider ensemble. Restera ensuite à Pascal (NB : Pascal Dubois, l'ingénieur son qui dirige l'enregistrement et accessoirement aussi, le directeur des éditions Oui'Dire) un très long travail de mixage dans les semaines à venir.

Le projet est donc bien lancé, il se passe bien, mais nous avons toujours besoin de vous !!

Un énorme merci à tous ceux qui ont déjà donné et font que notre objectif de 3 000 € n'est pas loin d'être atteint. Vous êtes une grande force pour le projet, et nous vous en remercions grandement.

Mais, il faut savoir que plus on se rapprochera de 7 000 €, plus nous pourrons mener à bien ce projet. Beaucoup de frais ont été avancés et leur remboursement dépend directement de la collecte...

On compte donc beaucoup sur vous pour nous aider pour ce qui s'annonce être vraiment un beau disque au final ! Très beau disque !

Parlez-en autour de vous, faites circuler l'information, et participez sans limite !

Ensemble

31/07/14 :
Quatrième jour d'enregistrement.
Ça avance.
Bien même, peut-on s'aventurer à dire.
Déjà un disque sur trois dans la boîte (reste ensuite, bien évidemment le très gros travail de mixage à faire !).
Nous avons attaqué le deuxième aujourd'hui.
15 pages enregistrées sur 34.
Mais on reste vigilant... les dernières pages vont être plus difficiles que les premières !

Vous n'avez toujours pas participé mais ça vous tente ? N'hésitez plus !


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28/07/14 :
Nous voilà installés. Le Gamelan, les micros, les casques. Tout est réglé. Nous sommes parés. L'enregistrement peut commencer.
10 jours pour enregistrer notre Mahâbhârata de 4h
10 jours pour retranscrire la magie du spectacle sur un CD à écouter
10 jours à taper sur des gamelles
10 jours à parler dans un micro
10 jours
On est content d'y être ! Maintenant que les réglages sont faits, demain nous rentrons dans le vif du sujet.

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vendredi 9 mai 2014

Bonjour,

Oui, bon, d'accord, quasiment un an que je n'ai pas écrit. C'est qu'il s'en est passé des choses dites donc !

En juin et juillet 2013, nous avons joué notre Mahâbhârata en version 4h à Pithiviers, puis à Vendôme dans le cadre du festival du CLiO (Conservatoire Contemporain de Littérature Orale).

Ce fut deux belles représentations, avec la magie des étoiles puisque nous avons joué les deux en extérieur.

Ensuite, nous avons laissé reposer la version 4h pour nous atteler à la version 1h30.

Nous avons passé 10 jours en résidence à la Fabrique à Meung sur Loire invités par la compagnie du Faux-Col. Puis nous avons joué notre première de cette version plus courte et destinée à être jouée en salle, ou espace frontal tout du moins.
C'était début novembre, en ouverture du festival "Petites Formes Mouvantes et Emouvantes" organisé par le Faux-Col.


Depuis, qu'est ce qu'on a fait ??

Quelques mois ont passé et toute l'équipe s'est retrouvée pour une grosse semaine de répétition dans le creux de l'hiver afin d'entretenir tout ce gros travail. Nous savons qu'il nous faudra, tous les hivers se prendre une semaine de répétition (puisqu'il est fort probable que les moments de creux tombent en hiver).

Et la suite maintenant ?

Prochaine représentation de la version 4h prévue le 28 juin à 19h30 à Saran (45) dans le cadre du festival "Théâtre sur l'Herbe" organisé par le Théâtre de la Tête Noire. Nous jouerons à nouveau sous les étoiles, dans un parc où il y aura de l'herbe, des arbres, un lac...

Et puis, fin juillet nous allons...... enregistrer notre spectacle pour une sortie sur triple CD produit par les "éditions Oui'Dire".

Encore une nouvelle aventure qui s'ouvre à nous. Enregistrer, ça veut dire adapter notre spectacle pour que tout passe seulement par le son, il s'agit donc d'un gros travail qui s'annonce enrichissant et dense ! Et on a hâte !

Et puis d'autres choses sont en préparation pour 2015, mais je ne vais pas tout vous dire maintenant....




lundi 17 juin 2013

Bonsoir,

La première de notre Mahâbhârata est passée. A Saint Denis de l'Hôtel.

Ainsi que la deuxième. A Pithiviers.

Mais la troisième, pas encore.

Comment ça s'est passé ? Je dirais.... très bien ! très très bien même ! Deux soirées qui se sont déroulées hors du temps, dans un bel esprit de rassemblement, avec un public embarqué dans cette folle soirée que nous proposons...

Les repas indonésiens servis pendant le spectacle fonctionnent très bien.

Les spectateurs mangent tout en regardant le spectacle, les enfants regardent émerveillés, ou bien courent dans tous les sens pour bien se dépenser et reviennent proches de l'écran, pour mieux s'endormir sur les couvertures placées autour de nous.... comme en Indonésie en somme !

L'exposition a été montée à côté de nous à Pithiviers et nombreux sont les spectateurs qui en ont profité. Et on peut vous dire que l'expo éclairée sous les étoiles, c'est fort joli !

Et puis, autour du spectacle, il y avait aussi de jolies pancartes qui permettent au public d'aller s'informer sur le récit en cours, ou le Wayang Kulit en Indonésie...

 




Bref. Voilà ce projet enfin lancé à la rencontre de son public, et on est très heureux de l'accueil qu'il lui a réservé.

On a qu'une hâte, vivre notre troisième représentation.

Ce sera le 5 juillet à 21h, à Vendôme, dans le cadre du festival EPOS organisé par le CLiO en partenariat avec l'Hectare, scène conventionnée théâtre d'objets et marionnette.

On espère vous y trouver, sous un ciel étoilé sans nuage !




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Et en cadeau, voici l'article paru sur le blog de la bibliothéque de Saint Denis de l'Hôtel après notre première du 4 mai :



Jeudi 23 mai 2013
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Le tour de l'Asie du Sud-Est auquel votre bibli préférée vous avait conviés dès novembre 2012 a pris fin dans un bouquet final éblouissant.
 
La soirée du samedi 4 mai restera  exceptionnelle en terme de qualité et d'affluence. Le public, très nombreux et les convives (180 repas servis) ont pu apprécier un spectacle haut en couleurs et en sons. 
 
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La soirée a été brillamment lancée par les écoles : les classes de l'école du Clos d'Or ont proposé une mini version du Mahâbhârata en ombres avec des chants indonésiens puis l'orchestre junior a interprété des morceaux au gamelan sous le regard admiratif des familles et des invités.
 
DSCN1354Les musiciens du gamelan ont ensuite pris leur place au centre de la salle des Fontaines pour une soirée sous le signe du partage et de la convivialité, en offrant pendant 45 minutes une initiation exceptionnelle pour petits et grands à ces percussions impressionnantes. Leur disponibilité et leurs explications ont été appréciées par les musiciens en herbe.
 
 
 
La soirée s'est poursuivie dans la générosité avec Cécile Hurbault de la Compagnie Jeux de Vilains, accompagnée du gamelan et de trois chanteuses, qui a fait voyager l'assistance pendant près de quatre heures avec virtuosité, tant dans la manipulation des nombreuses marionnettes que dans le récit de cette histoire immortelle qu'est le Mahâbhârata. Toutes les voix, les bruitages ainsi que les intermèdes en partie improvisés ont été réalisés par Cécile sans aucune note écrite et dans une concentration extraordinaire.
 
Et de la concentration, il lui en fallait ! Car comme le veut la tradition indonésienne, le public pouvait déambuler, se restaurer et changer de place pour suivre le spectacle face à l'écran (côté marionnettes), derrière (côté ombres), ou même assis quasiment au milieu des musiciens.
 
Le public familial est resté très nombreux jusqu'à la fin (certains enfants ont même trouvé le sommeil !) et tous, artistes compris, ont eu le sentiment de vivre une expérience unique : l'aboutissement pour eux de deux ans de travail et pour l'équipe et les usagers de la bibli, un bouquet final en apothéose.
 
Merci à tous d'être venus si nombreux et de nous avoir accompagnées tout au long de cette saison ! 
 
Pour en savoir plus sur le gamelan, allez visiter le site d'Arnaud de l'association Ageng 
 
Les recettes des délicieux plats servis pendant le spectacle, c'est par ici
 
Et pour voir les photos de la soirée, cliquez ici !


mardi 2 avril 2013

Bonsoir,

Le temps passe et la première de notre Mahâbhârata approche à grands pas !

Les dernières semaines ont été rythmées par encore des week-ends de répétition à Rennes, une semaine de résidence à Lailly... Rien de bien différent de ce qu'on fait depuis 18 mois maintenant ! A l'exception qu'on commence à sacrément s'approcher du but.




L'affiche est prête.

Les costumes pour les musiciens ont été achetés.

Ca durera plus près de 3h45 que de 3h finalement...

Le repas indonésien qui sera proposé lors de nos représentations a été testé (et largement approuvé !!!) par une équipe de bénévoles du tonnerre qui s'organise maintenant pour pouvoir nous suivre.

On a eu la réponse de notre demande de subvention de la Région Centre. Ils nous suivent ! (en plus de la DRAC que nous avions déjà eu l'an dernier !)

L'Hectare, la Scène Conventionnée de Vendôme, nous suit bien également et est entrée en coproduction sur ce spectacle.

On a plusieurs lieux en discussion... notamment à Cholet où un projet sur le printemps 2014 est envisagé.

Pour l'heure, rendez - vous à nos 3 premières représentations :

- le 4 mai à St Denis de l'Hôtel

- le 14 juin à Pithiviers

- le 5 juillet à Vendôme (dans le cadre du festival EPOS organisé par le CliO et aidé par l'Hectare)




vendredi 25 janvier 2013

Bonjour,

Depuis notre dernière résidence en novembre, nous avons repris les répétitions à Rennes.
C'est cette fois à la version complète de trois heures que nous nous attelons. Et ça continue d'avancer, d'avancer...

Et puis, hop, voici la bande-annonce du spectacle toute fraîchement sortie du four !





mercredi 28 novembre 2012

Bonsoir,

Depuis le retour d'Indonésie des neuf membres de l'équipe du spectacle, nous avons repris les répétitions à Rennes.... mais pas que !

Les semaines après le séjour chez Widodo ont été remplies de montage vidéo des séquences qui seront utilisées dans le spectacle final (interviews de Widodo dans les rizières, ambiance de soirée de Wayang, répétitions de notre spectacle là bas... et aussi scènes de marionnettes filmées côté ombre, ou côté couleur...).

Nous nous sommes remis au travail de groupe en octobre à Rennes, lors d'un week-end de retrouvailles entre ceux qui revenaient de Java, et le reste de l'équipe qui n'avait pas fait parti du voyage. 

Après les deux résidences de cet été (les Indonésiens en France, et les Français en Indonésie) où nous avons exploré une bonne quantité de matière musicale, marionnettique... c'est maintenant le temps de la réappropriation et du travail de fond. Il faut que tout cela se transmette entre ceux partis et ceux restés. Il faut aussi que cela se dépose, mûrisse en nous, pour aller maintenant vers l'étape d'un travail moins technique, mais plus d'écoute de groupe... il faut que ça s'envole !

Et l'envol a commencé dès novembre ! Nous avons passé une semaine à l'Echalier, la Grange de Saint Agil (41) invités par Frédéric Maurin, de l'Hectare à Vendôme. 




Pour la première fois depuis le début de ce projet, l'équipe a été réunie au complet pendant quelques jours. 

Être au milieu du Perche, loin de tout, nous a bigrement fait progresser ! Cette semaine de résidence a été très intense, et très bénéfique pour la suite des choses. Nous avons solidifié la musique, les transitions, les signaux du marionnettiste donné au gamelan... tout un travail fondamental sur lequel nous allons maintenant pouvoir nous appuyer pour encore aller plus loin

Cette résidence s'est clôturée par une présentation de chantier le 15 novembre. Une bonne quarantaine de personnes sont venues à l'Echalier découvrir notre travail en cours.

Nous avons, pour l'occasion, testé le concept de soirée qui accompagnera le spectacle : les gens ont pu pendant le spectacle boire un thé, manger un gâteau, changer de place... Nous tenons à faire vivre aux spectateurs une expérience différente.

Les retours de cette soirée ont très enthousiastes et encourageants.

Ils nous laissent à penser que nous sommes en train de vivre la naissance d'un très beau moment artistique et humain. Nous avons hâte de le voir grandir avec son public... mais ce n'est pas encore pour tout de suite !



vendredi 7 septembre 2012


  • mardi 28, suite … par Xavier
L'après-midi c'est un peu l'effervescence dans la maison, beaucoup de passage, les musiciens de Widodo viennent s'habiller, les sindhen se préparent aussi. En face, le synthé à fond nous sert une délicieuse soupe à l'indonesienne. Giyanti chante et … Olivier danse à ses côtés devant toute l’assistance. Sans trop réfléchir je le rejoins mais une fois sur place le temps me parait bien bien long (ce que je prenais pour du second degré n'en est pas vraiment pour eux) ..
Pour la soirée on décide de s'habiller avec nos beaux sarongs tout neufs avec l'aide de Wahyu et Giyanti car faire tenir ce bout de tissu c'est tout un art.
C'est Astu, 6 ans 1/2, 80cm, qui commence à manipuler vers 20h. Le petit bonhomme à la voix suraiguë est impressionnant d'énergie et fait bien rire l'assistance.
Le Dalang suivant, c'est Enok, pas beaucoup plus âgé, qui maîtrise déjà sacrément bien son histoire sur fond de gamelan Pelog. L'assurance des 2 petits gars est impressionnante, on sent bien qu'ils baignent dedans depuis leurs première heures...


Bon, et bien cette fois c'est à nous … Quelques musiciens de Widodo comblent les places vides, et c'est parti. Mon dieu que c'est mou, mou, mou … Le truc que personnellement je n'avais pas totalement saisi, c'est que le Wayang, ça dépasse le meilleur film d'action américain au niveau du rythme, tout est dans l 'effet de surprise, les changements de rythme, d'ambiance, les cassures et là il reste du boulot … Les indonésiens rigolent bien à entendre un wayang en français, certains baillent aussi, mais l'expérience est quand même bien chouette ! On laisse la place à Widodo qui se fait plaisir au niveau manipulation et aussi au niveau du titillage de Perancis. Il nous fait chanter, fait marrer l'assistance en disant des trucs sur nous qu'on comprendra jamais … En même temps on est dans le gamelan avec les zicos et leur super bouille et ça c'est toujours aussi agréable.

 





La soirée se termine vers 3h sur fond de « campursari », sorte de tubes kitchs accompagnés au gamelan et au synthé.

  • mercredi 29
alors j'ai tellement pas fait grand chose de cette journée que je ne me souviens plus très bien... déjà, première grasse matinée ! Réveil autour de 11h pour beaucoup. L'équipe s'est divisée en petits ateliers ce qui donne dans la maison un mélange de chants féminins ponctuée de kepraks au loin (des plaques de métal qu'on frappe très fort avec le pied sur une caisse en bois pour ceux qui connaissent pas) rythmé par le tempo rigide d'un gambang avec parfois au loin une suling (flute) , un doux crincrin rebabien, le tout agrémenté d'un fond de Gender bien évidemment. Plus un petit ronflement de Grego qui a passé sa journée à dormir..
En début de soirée nous avons eu la visite de Tugimin et d'un ami joueur de bonang. On s'attendait à avoir un cours de bonang du coup mais en fait ça n'avait absolument rien à voir (ce genre de situation arrive assez souvent, on devait déjà avoir un cours de bonang qui s'est transformé en cours de Rebab...).
Le soir, les premières vidéos de manipulation avec Pak Widodo et Mas Wahyu pour le futur spectacle sont filmées.

  • jeudi 30 août, par Cécile

Ce jour là, on avait prévu d'aller à Solo la journée complète pour faire tout un tas de choses que nous n'avions pas faite la dernière fois où nous y sommes allés. Nous partons avec une liste précise et Wahyu tente de faire un « plan de route » pour ne pas perdre trop de temps entre chaque destination. Nous arrivons en premier au Kraton, vers 9h du matin. Nous pensions y voir une répétition de gamelan mais en fait, ben non. Arnaud a demandé, et on lui a répondu que les répétitions ont toujours eu lieu les mercredis et samedi (alors qu'il était venu l'année précédente le jeudi et qu'il y avait des répétitions.... mais on lui soutient que non, c'est impossible!). Après un rapide coup d'oeil à ce palais, nous filons dans un marché artisanale pour chiner tout un tas de choses. C'est joli, mais c'est cher. Plusieurs d'entre nous trouvent quand même leur bonheur.
Suite du programme : la visite de l'ancien lycée de Wahyu (il vient d'en sortir), et de Widodo et Giyanti qui se sont rencontrés là bas il y a plusieurs années... C'est un lycée professionnel artistique. C'est donc l'équivalent chez nous d'un Conservatoire mais toute la semaine. On nous fait assister à plusieurs cours : danse, marionnette, musique actuelle (des guitares électriques, basses, batterie à fond!)... Bien intéressant tout cela !
Déjeuner dans un warung typique. On arrive à payer avant que Wahyu paie pour nous ! Nous sommes fiers de nous ! C'était un vrai combat !
L'après midi, on va visiter le studio d'enregistrement dans lequel le groupe de Widodo enregistre régulièrement des CD ou DVD. On y achète tout un tas de CD de Gamelan.
Nous passons ensuite à l'Université de Solo pour y chercher des livres dans la bibliothèque spécialisée en Gamelan. Quand on arrive là bas, on nous annonce que la bibliothèque est ouverte, on avait peur qu'elle soit fermée alors on est content. On se met d'accord sur une équipe qui reste là, et une autre équipe qui fait autre chose... et au moment d'entrer dans la bibliothèque, on nous annonce qu'elle est fermée ! Ahah ! Indonésie.....
Du coup, on part tous vers notre dernière destination de la journée : visiter une fabrique de Gamelan. Malheureusement, là aussi nous arrivons en retard au moment où c'est fermé. On voit quand même la fonderie, ce lieu si hors du temps si impressionnant.

 

On rentre le soir bien claqués par cette journée de balade.
La soirée est consacrée à commencer à filmer les vidéos pour notre spectacle. Pas facile de se comprendre avec Widodo mais on y arrive... Finalement, je fais l'impasse sur tout un tas de choses en me disant que je ferai pas mal montage par la suite. C'est plus simple que de vouloir tout faire impeccablement directement ! Et ça économise de l'énergie à tout le monde !

  • vendredi 31 août, par Grégo

Alors aujourd'hui, le schedule était comme d'habitude bien au point : le gamelan était revenu le matin, avant qu'on se lève, on répétait la version courte du Mahâbhârata pour la prochaine représentation, puis on allait à la mosquée, on mangeait, on allait voir quelques minutes Hastu qui jouait à un mariage, on revenait répéter encore, et finir des vidéos.

Bon, dès le matin, le gamelan n'était pas encore là... Schedule broken au réveil ! On a donc aidé les gars à le réinstaller, puis répétition laborieuse. Du coup, un petit temps de travail. Widodo nous annonce la mosquée juste avant manger, finalement c'était d'abord manger. Puis Mosquée pour Olivier, Arnaud et Grégo... Deux nouveaux convertis donc, Arnaud et Olivier. Apprentissage des ablutions (bouche, figure, tête, oreilles, bras, pieds), petite sentence à répéter avant d'entrer dans la mosquée (« et maintenant, avec ça, on est amis jusqu'à la mort, et même après », dixit à peu près Widodo) et prière en compagnie de tous les habitués ravis de nous voir avec eux.

Puis départ pour les quelques minutes à aller voir Hastu. Départ en voiture, puisque c'est à 200 mètres... Finalement, on y est resté 4 heures, le temps du mariage... Quelques minutes quoi ! Certains ont joué et chanté parmi les musiciens indonésiens, d'autres se sont ennuyés un peu, et tous ont eu très chaud !...


Retour à la maison à 17 heures. 17h30, proposition d'aller voir un arbre à durians (sur envie de Celia depuis une bonne semaine). 6 français en voiture avec Mas Asep, notre chauffeur favori, et zou ! Nous voilà partis derrière chez Widodo, et arrivés chez... des gens ! Mais des gens, qui sans le savoir, ont un arbre à durians que veulent voir des Français ! Surréalistes... Puis aussi découverte des arbres à cacao (chez d'autres gens !) et des arbres à faire les kendang (tambours) chez d'autres encore...

Fin de la journée en avançant des vidéos (oui, parce que bien sûr, l'écran qui sert à tourner les vidéos doit être rangé demain...). Bon, au moment de s'y mettre, on s'aperçoit que le trépied dont on se sert n'est plus là, il a été utilisé au mariage. Pas grave, Mas Asep file le chercher, il n'y a qu'un heure et demi de route... Et puis il manque une marionnette mais Sigit construit ça rapidement !

Pendant ce temps-là, quelques-uns passent entre les mains experts de Pak Carmin et d'autres pour des découvertes de massages traditionnels très... traditionnels !

C'est tout pour maintenant.



Samedi 1er septembre, par Olivier

On se lève.
On se lave.
On mange.
Au programme ce soir : Widodo joue une nuit de wayang kulit ; nous jouerons un Mahâbhârata raccourci à une demi-heure en première partie.
On se brosse les dents.
On travaille.

La première séance du matin possède une qualité que l'on retrouve assez fréquemment dans tous métiers, appelée « travail une demi-heure après le réveil ». L'on y décèle une précision toute approximative, une concentration toute relative, une intensité toute fugitive.
Une pause s'impose.
L'heure pour certains d'aller en ville (Wonogiri) faire quelques courses, poster des lettres, et récupérer deux « orang perancis » (deux français), François et Fred, qui sont sur l'île de Java en ce moment, à Yogia, pour étudier le wayang golek (marionnette en trois dimensions). Ils sont sur un projet de quatre spectacles de marionnettes venues de quatre pays différents ; l'Indonésie est leur troisième. A lire, plus d'infos, sur leur site : http://www.lepecheuretlechat.com/

Nous sommes en contact depuis plusieurs mois déjà et c'est l'occasion aujourd'hui pour eux de voir une nuit de wayang kulit.

Retour à la maison.
Filage de notre présentation du soir.
Cette deuxième séance du matin possède une qualité que l'on retrouve assez fréquemment dans tous métiers, appelée « travail trois heures après le réveil ». Et, s'il faut comparer avec la séance appelée « travail une demi-heure après le réveil », force est d'avouer que l'approximation, la relativité et la fugue ont fortement diminué.

On mange.
On se brosse les dents.
On dort.

15h45 : on se tient prêt pour partir à 16h00 vers le lieu du wayang kulit du soir
16h30 : on part.
Un minibus. Deux voitures.
Les français (10) dans les voitures avec Widodo, Giyanti et Aseb.
Les musiciens de Wilis Prabowo déjà présents (9) dans le bus, avec Wahyu, le chauffeur et moi-même qui m'apprête à profiter de ce charmant véhicule coloré, agrémenté de dessins d'aigle ; 17 places assises ; aération par porte ouverte. Nous prenons d'autres musiciens au fil du chemin. 19 personnes dans le bus au final ; raisonnable.
Une route qui serpente en collines, entre les rizières en terrasses, le coucher de soleil derrière les montagnes et la nuit, déjà, à 18h00...

Arrivés tout souriant, « selamat sore », « selamat sore ».
Petit repas distribué, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Les chanteuses finissent de se peindre.
Photos photos photos avec la famille qui reçoit la soirée.

Le gamelan est installé sur des nattes au sol ; l'écran et les marionnettes, sur une scène.
Nous nous installons vers 20h, pour jouer à 21h.
Discours.
67 ans que l'Indonésie est indépendante. « Merdeka ! » « Merdeka ! » « Merdeka ! » (« Indépendance ! » ou « Liberté ! », on n'est pas sûr de ce qu'ils nous ont expliqué...).
Discours.
Discours.
Un morceau en guitare acoustique.
Discours.
Une démonstration d'art martial.
Discours.
Remise de cadeaux à des gens.
Discours.
Remise de cadeaux à des gens.
Discours.
Nous arrivons patiemment à 21h.
Commençons !
Dès les premiers mots prononcés en javanais (dans les faits, les noms des personnages : Duryodhana, Yudishtira, Drona...), tonnerre d'applaudissements.
Des rires, beaucoup, au son de l'accent français sur les mots qu'ils reconnaissent.
Et puis une représentation d'une demi-heure qui se passe plutôt bien !

Discours.
Un pseudo dalang s'installe pour dix minutes de pseudo wayang kulit. Un assistant fait applaudir le public quand le pseudo dalang prononce une phrase pseudo intéressante.

Discours.
Remise d'un cadeau symbolique à Widodo : une marionnette. Il la prend avec lui et s'installe. Les musiciens sont prêts.
La vraie nuit de wayang commence !

En forme, le chef !
Il envoie : le son, l'énergie, et les marionnettes dans la figure des chanteuses.
Une soirée très détendue ; on rit beaucoup. C'est le mois de l'anniversaire de l'indépendance.
Widodo nous fait participer. Se moque de nous ; du moins le suppose-t-on car nous ne comprenons pas ce qu'il dit et qui fait rire tout le monde. Se moque des chanteuses, surtout, les siennes et les nôtres. C'est une tradition.
On nous distribue le petit en-cas en boîte coutumier, et plus tard des assiettes avec de la nourriture qui pique et qui fait transpirer.
Le milieu de la nuit passé, il y a plus de monde en train de jouer que de personnes dans le public.
Dans le gamelan, il y a plus d'yeux fermés que d'yeux ouverts ; ils prient, nous a expliqué Widodo le lendemain... Ce que tout le monde fait quand il fait nuit et qu'on dépasse 3h du matin. Toutes ces prières de par le monde...
3h37 : fin de la séance !
Sans chichi.
Nous quittons très vite la scène, puis la maison et hop en voiture.

4h28 : oui, dodo.




Dimanche 2 septembre Estelle

Lever à 11h/11h30 pour un déjeuner dominical près du lac artificiel de Wonogiri.
Nous devons d'abord déposer Frédéric et François (2 comédiens français dont nous vous avons parlé plus haut) à l'arrêt de bus pour Jogya ,leur lieu de villégiature pour encore 3 semaines (les petits veinards).
Widodo nous amène dans un restaurant spécial poisson !!! Chouette !!!
Le lieu surplombe le jolie lac.Nous arrivons tout guillerets et là,choc :
Mais où est Xavier???!!!!
Dans la précipitation du départ(ce qui est assez courant ici) nous l'avons tout bonnement oublié.
Ni une,ni deux Asep retourne le chercher à la maison.
Nous nous mettons à table et nous nous confondons en excuses à son arrivée.
Rassurés,nous goûtons ce délicieux « ikan goreng » (poisson grillé avec une sauce sucrée),accompagné d'une eau de coco au sucre javanais.Miam !
Une chanteuse et un joueur de Cithare,égaient nos oreilles de quelques doux morceaux de musique javanaise.
Pour une fois nous prenons le temps de manger et de profiter de cette belle vue.
Sur le chemin du retour,nous nous arrêtons pour une visite de l'école de Widodo :
Ils ont bien de la chance les petits élèves javanais de travailler au beau milieu des rizières!On y resterai bien nous aussi.
Une fois à la maison c'est sieste (ça devient une habitude ici)
Cécile en profite pour filmer les interviews de Widodo dans les rizières.
Après le diner, travail en groupe sur la forme de 3 heures,un peu fastidieuse.
Nous essayons de ne pas nous coucher tard car le lendemain , nous sommes attendus à 9h puis à 11h dans une école primaire et un collège pour jouer « tranquilou » nôtre komedi topeng prancis et répondre à quelques questions......

Lundi 3 septembre (c'est Florie qui reprend le clavier)

A 9h, départ « tranquilou » (mot appris à nos hôtes) pour la première école, où enseigne Pak Tugimin, notre mascotte parmi le groupe de musiciens de Widodo (une bonne bouille et un embonpoint caractéristiques, ajoutés à une certaine tendance à l'assoupissement sur son rébab en pleine nuit de wayang). Nous suivons sa moto sur la fin du trajet sur le chemin chaotique. Lorsque nous arrivons à l'école, tous les enfants sont alignés, prêts à nous serrer la main, sur fond de gamelan. Wahou ! Ça en jette. On nous conduit dans une salle décorée d'une banderole « bienvenue aux étudiants de Jeux de vilains » (ils doivent penser que c'est une université) et de wayangs fabriquées par les enfants, avec petit thé, cacahuètes et tempé à grignoter. S'ensuit toute une série de discours, fort longs. Widodo aussi est sollicité pour parler et nous présenter. Deux jeunes filles dansent en costumes traditionnels. Il est presque 11h, et enfin, nous allons jouer, « tranquilou ». Le soleil cogne et le castelet du spectacle a été installé en plein cagnard ! Nos loges se situent évidemment dans une salle de classe, et nous sommes loin d'y être seuls : une flopée d'enfants munis de téléphones portables nous mitraillent littéralement. Les adultes ne sont pas en reste. C'est même pire qu'à Borobudur ! Lorsque nous commençons à jouer, un policier vient carrément se planter juste à côté du castelet pour qu'on le prenne en photo avec nous. Le spectacle est très bien accueilli, enfants et adultes rient bien, et à la fin nous sommes assaillis par les demandes d'autographes sur cahiers d'écoliers ! Des enfants jouent du gamelan dans une salle. Nous jouons aussi un petit enchaînement, et repartons en véritables stars, photographiées de toutes parts. Il est plus de midi, le « schedule » est complètement « broken ».

Deuxième école, dans un autre genre semble-t-il : toutes les jeunes filles sont voilées, et on nous fait d'abord patienter seuls dans une pièce (mais avec du thé et une petite boîte de victuailles, on est à Java quand même!), le temps que tous aillent à la prière. Nous découvrons une immense banderole aux couleurs de la page d'accueil du site de Jeux de vilains, une tour eiffel en plus ! Alors là, nous sommes soufflés ! Le diaporama est également arrêté sur des photos prises sur le site de la compagnie : ils sont fous, ces Javanais ! Nous sommes avec un monsieur qui parle très bien français, un guide semble-t-il. Les professeurs arrivent, tous habillés en uniforme marron de fonctionnaires. Discours. Petite lecture chantée du Coran, pour commencer. Diaporama décrivant les activités de l'école : on se serre la main tous les matins, on salue le drapeau, différents cours sont dispensés, et notamment une préparation au pèlerinage à La Mecque, du scoutisme (ça existe aussi chez les Musulmans). Discours à n'en plus finir (les Indonésiens sont très protocolaires). On nous chante des chants religieux, dynamiques et festifs (mais religieux!). Sous un grand hall, petite démonstration de danses traditionnelles : d'abord les garçons (danse-prière), puis les filles sur une danse javanaise (heureusement que Giyanti a été réquisitionnée pour montrer les pas avec la prof !). Nous jouons « Komedi topeng Prancis » devant l'assemblée de jeunes filles voilées et de jeunes garçons. Tout le monde rit beaucoup, l'atmosphère est très détendue.


Nous mangeons ensuite du ayam goreng (poulet grillé) dans un petit restaurant, avec les professeurs. Nous apprenons que cette école, pourtant publique et financée par l'Etat, applique un islam beaucoup plus radical que l'islam javanais, réputé pour sa souplesse, et se montre très fermée par rapport aux traditions javanaises, empreintes d'épopées hindoues et bouddhistes où plusieurs dieux entrent en scène. Widodo a hésité à répondre à leur demande de nous faire venir, puis il s'est dit que cela pourrait leur ouvrir un peu les horizons, de voir débarquer tout un groupe de Français venus apprendre, pour les transmettre chez eux, les traditions de Java.

Retour à la maison à 15h passées. Temps calme. Ateliers individuels. Dîner à 18h comme d'habitude. Widodo nous apprend que nous jouerons notre petit enchaînement demain pour une sorte de carnaval au bord du lac de Wonogiri. Tiens tiens ! Ça sent le plan où on va rester faire de la figuration toute la journée ! Nous répétons donc pour le lendemain, et nous sentons que les transitions sont plus fluides : nous sommes imprégnés de l'esprit javanais. Puis atelier rébab pour Olivier et Arnaud avec Pak Tugimin, attention Jean, il va y avoir de la concurrence ! Cécile filme Widodo sur les combats pendant qu'une partie du groupe fait tourner des srepegs et des sampaks.

Demain, départ à 8h, nous essayons de nous coucher « pas trop tard ».

Les derniers jours, par Cécile :
Mardi, nous sommes donc allés à ce fameux "carnaval" qui n'en était pas vraiment un en fait. Tôt le matin, nous sommes arrivés dans un endroit désert où nous avons dû attendre qu'un peu de public daigne bien venir. Au bout d'une bonne heure d'attente on a défiler en plein cagnard, on a joué un peu de gamelan, on a mangé, on a regardé des danses traditionnelles, et nous avons filé. L'après midi et le soir, nous avons bossé à la maison avec Widodo, Wahyu et Giyanti comme on en a maintenant l'habitude.
Mercredi on a fait une dernière journée à Solo pour des achats de dernière minute pour une partie de l'équipe, et le reste de l'équipe est restée "tranquillou" à la maison (on a appris le mot "tranquillou" à Widodo...).

Jeudi, on a travaillé le matin et l'après midi on a commencé à faire nos sacs pendant que Widodo, Sigit, un autre dalang et tout le groupe de musiciens répétaient un Wayang qui va être joué samedi soir. Journée étrange, où on se sent à la fois déjà partis et pourtant encore bien là. Jeudi soir, nous sommes passés dire aurevoir à Sigit, Yayuk, et leur petite famille. Cadeaux, larmes, sourires, "à bientôt", "bonjour à tout le monde en France"... et on repart de cette maison les yeux tous rouges et l'envie de revenir au plus tôt.
 Fin de soirée à boucler nos sacs (c'est tout une aventure de faire des sacs qui ne dépassent pas 20kg quand on remporte des dizaines et dizaines de wayang et tout un tas d'autre matériel...) et à jouer un peu de musique pour la toute fin de soirée.
Ce matin, départ à 4h30 de la maison, un minibus et une voiture nous attendent, direction Jogyakarta pour prendre notre avion. Nous avons laissé nos amis devant la porte de l'aéroport : Widodo, Wahyu, Giyanti, Hana... et Florie et Estelle qui restent 1 semaine de plus à Bali.
Nous sommes actuellement à l'aéroport de Kuala Lumpur où nous sommes arrivés ce midi et où nous attendons notre avion qui décollera ce soir à 22h. Arrivée à Paris prévue demain 8 septembre à 16h.

La suite de l'aventure ? Se retrouver en groupe pour un week-end de travail du Mahabharata les 4/5/6 octobre pour partager et mettre en pratique tout ce qu'on a encore appris à Java... ! Hop hop hop ! Ayo ayo !

mardi 28 août 2012


Mardi 21:
Deuxième petit billet … quelques jours ont passé, voici un petit résumé. (C'est Aurélie !)
Le jour de notre dernier message nous sommes allés dans le centre de Wonogiri pour découvrir et nous perdre dans les allées du marché couvert, lieu vivant, coloré et odorant.

 

A notre retour nous sommes accueillis par la famille de Gyianti, venue leur rendre visite pour Idul Fitri, c'est un peu l'équivalent de Noël chez nous.
Nous faisons quelques découvertes culinaires le midi, entre autres, un petit fruit de la taille d'une figue avec une peau comme le serpent … un petit goût de fraise trop mure : le salak. Nous rêvions de manger des mangues mais ce n'est pas la saison !
L'après-midi, pour commencer, nous travaillons en petits ateliers avec nos hôtes. La maison est en effervescence, les sonorités s'enchevêtrent, nous remplissons petit à petit nos carnets de travail avec de précieuses informations.
Repas vers 18h, juste après la tombée de la nuit, puis nous reprenons tous ensemble pour travailler une suite de pièces qui sera jouée le lendemain lors d'un mariage.


Mercredi 22 :
Deux programmes possibles pour la journée : les plus endurants partent, vers 8h, avec Gyianti et Wahyu pour jouer toute la journée lors du mariage, pour les autres nous restons travailler avec Widodo notre « guru » (= professeur, mot Indonésien !) de la journée. L'équipe de sindhen étant au complet, nous profitons de l'après-midi pour mettre le nez dans les morceaux plus difficiles.
Diner 17h30 ! et départ une demi-heure après pour rejoindre la fête.
Les routes sont parfois assez mauvaises mais notre conducteur sait éviter les trous, les cratères comme diraient certains !
Nous arrivons sur le lieu, il s'agit d'un croisement de routes totalement aménagé pour l'occasion, des structures couvertes, en bambou sont montées, ornées de multiples tissus, de sculptures de bois et de fleurs. Tout de suite accueillis, nous rejoignons nos camarades en intégrant le groupe des musiciens,
Nous suivons les différents rituels de la cérémonie, chaque moment est accompagné par un morceau spécifique au Gamelan. Des serveurs nous apportent le thé habituel et quelques mets. L'équipe restée sur place en est à son 6ème service !!
La cérémonie terminée, nous jouons « la suite » préparée, le tout fut très approximatif pour cette première, il était difficile d'entendre tous les instruments, d'autant plus qu'un animateur parlait sans cesse dans un micro, commentant chaque instant... même pendant la musique.
Le groupe de Widodo conclut la soirée.
Nous saluons les organisateurs et les mariés avant de nous entasser dans les voitures pour rentrer.

 

Jeudi 23 :
Réveil plus tranquille, ou presque ... car ici, très tôt, la maison s'anime : les cris des enfants qui jouent dans la maison ou sous nos fenêtres, l'activité en cuisine ou le coq rebelle chantant à toutes heures.
Après le petit déjeuner, nous travaillons en petit groupe sur des détails, une équipe de « sindhen » (chanteuses), une équipe pour le travail des « suluks » (solo du marionnettiste)... puis nous nous retrouvons pour retravailler « la suite » que nous rejouerons le soir même, lors d'une fête dans le village d'à côté (Sequawe)


Nous commençons aussi à revoir la forme d'une heure du spectacle .
Nous partons à pied pour la soirée : pas besoin de guide, il suffit de suivre le bruit du « sound system » surpuissant, aux basses décapantes !!
La soirée a déjà débuté. Une scène est installée sur une place, de nombreuses personnes sont présentes, assises au sol pour suivre la soirée. Au programme : musiques, danses, projection de photos...
Nous participons à la soirée et ne manquons pas de susciter la curiosité, des sourires, des rires, des photos, des serrages de mains...


Vendredi 24  :
Le matin nous avons répété en groupe. Le vendredi est un jour particulier pour les prières, une bonne pause est respectée pour cela.
Après le repas, nous partons pour un village spécialisé dans la fabrication des meubles en bois pour le gamelan, 1h30 de routes chaotiques, nous avons apprécié les beaux paysages, de belles rizières irriguées et les maisons traditionnelles javanaises surmontées souvent d'une « girouette à l' indonésienne » représentant divers personnages du mahâbhârata ( Semar et Arjuna principalement)
Les ateliers étaient au repos, c'est les vacances !
Nous découvrons, plus loin, la caverne d' Ali Baba du Wayang. nombreux gamelans en construction, des grandes peaux prêtes à être transformées en Wayang ( marionnettes en cuir, peintes) divers accessoires, et plein de marionnettes récentes ou plus anciennes, ayant appartenu à des Dalangs ( marionnettistes) nous tombons sous le charme des plus anciennes et repartons, après une longue négociation, les portes monnaie plus légers... quelques kilos de plus pour nos bagages.
Quelques rencontres volatiles sympathiques : des petits poulets, deux coqs aux fous rires presque humains ! Des oiseaux en cage...
Le trajet du retour a lieu à la lumière d'un coucher de soleil, nous profitons des beaux paysages.
Nous sommes de retour pour le repas, Widodo sort une bouteille de vin de derrière les fagots, nous en profitons pour finir le brie apporté de France ( il était temps!)
Le soir nous nous remettons au boulot sur la forme d'une heure du spectacle.


Samedi 25 :
7h, petite ballade matinale pour une partie d'entre nous, nous allons jusqu'aux rizières pour prendre quelques photos et faire quelques dessins.
Nous travaillons une partie de la journée en atelier puis en groupe.
Nous rendons visite à Sigit ( le beaux frère de Widodo) pour voir la fabrication des marionnettes et passer quelques commandes.
Juste avant la répétition du soir, nous apprenons que le mariage auquel nous allons jouer chez les voisins le 28 est en fait …. une fête pour célébrer deux circoncisions !!! Gloups !



Dimanche 26 :
Journée à Solo
Plusieurs missions pour cette journée, entre autres : trouver nos tenues pour le spectacle... c'est chose faite nous avons acheté des sarongs. Préparez vous, amis musiciens restés en France, ce sera jupe longue pour tous !
Chacun fait également ses emplettes plus personnelles : de beaux tissus à ramener aux soeurs ou amies, tee-shirts aux effigies des personnages de Wayang Kulit (difficile de trouver de grands tee-shirts pour ramener aux grands européens!), des tenues en batik, les couleurs unies n'étant pas privilégiées dans ce pays : tout est très bariolé (même les petits gâteaux!).


Le soir, première nuit de Wayang Kulit pour la plupart d'entre nous. Nous arrivons dans la maison, ou plutôt le palais, d'un Dalang réputé : Pak Purbu Asmoro. Il a invité un autre Dalang, son neveu, à jouer. L'arrivée sous le pendopo (sorte de halle) en bois ouvragé est très impressionnante : de nombreux lustres, une Coccinelle ancienne et un carrosse du XVIIIe siècle de part et d'autre du gamelan, l'écran de 6 ou 7 mètres est orné de chaque côté d'une centaine de marionnettes anciennes, patinées par le temps... nous en prenons plein les yeux ! Une danseuse ouvre la soirée. Son chapeau est orné de fleurs fraîches et d'encens. L'épisode du Mahâbhârata conté ce soir débute par la mort de l'ancêtre Bishma, couché sur son lit de flèches. Pendant l'intermède comique des Punakawan (les bouffons), le Dalang met en boîte la sindhen américaine présente. Le gamelan est très enfumé : les musiciens enchaînent kretek sur kretek (cigarettes aux clous de girofle). Dès le début, on nous sert le thé, les cacahuètes fraîches et autres fruits. L'ambiance est très particulière et les novices sont heureux de découvrir enfin ce dont nous ont parlé Cécile, Grégo et Arnaud. Un premier départ de voiture a lieu à 1h30. Les derniers rentrent à la fin, vers 2h30. La moitié des sindhen est déjà partie, et certains instrumentistes s'endorment sur leurs bonangs ou sarons. 


Lundi 27 (c'est Cécile qui reprend le clavier!):
Grosse journée visite à Borobudur. Nous partons à 7h30, après seulement quelques heures de sommeil. Evidemment, nous arrivons à Borobudur à 11h, au moment le plus chaud de la journée et nous cuisons sur place dans ce très beau mais très chaud temple Hindou. Malgré la chaleur il y a beaucoup de monde dans ce temple (l'un des rares sites touristiques de l'île de Java) et nous n'arrêtons pas de nous faire prendre en photo avec des indonésiens tous contents de croiser des européens avec qui poser. Ok, on joue le jeu même si au bout d'une dizaine ça commence à fatiguer...
Nous trainons le midi et filons en fin de journée au pied du Merapi, le célèbre volcan entré en irruption en 2010. Nous y arrivons au moment de la tombée de la nuit (et oui, ici à 18h il fait nuit noire ! On se fait vite avoir !). Puis nous repartons direction « la maison », et nous passons ce trajet de 3h à compter les nids de poule dans la route et à tenter de comprendre où nous sommes, sur quelle route, vers où, pourquoi par là...


En arrivant chez Widodo, nous découvrons qu'un Wayang est en train d'être joué chez les voisins d'en face. Nous savions qu'une fête était prévue pendant deux journée car nous l'avions vu se préparer et nous savions que nous y participerions mardi soir en jouant notre « heure » de Mahâbhârata à nous. Mais quelle surprise de voir un Wayang en rentrant lundi soir ! Bon, l'enthousiasme est un peu retombé quand on a vu que c'était un dalang amateur, très moyen, et que les musiciens de gamelan n'était pas non plus hyper calés... M'enfin, le petit plaisir de sentir l'ambiance Wayang était tout de même là !

Aujourd'hui, mardi 28 :
Nous avons répété très tôt ce matin avant que les festivités de la maison d'en face ne reprennent et ne fassent trop de bruit. Nous avions besoin d'une dernière répétition car hier, entre deux portes, Widodo m'a annoncé qu'il ne fallait pas que l'on représenter les morts des personnages, que ça ne faisait pas lorsqu'on joue chez des gens. On représente les morts seulement lorsqu'on joue à l'extérieur. Ma réaction : « argh. Bon ok. Alors on va devoir rerépéter un chouïa parce que notre spectacle est truffé de morts »... Et de fait, c'est ce qu'on a fait ce matin : on a coupé toutes les morts et hop, ça passe comme une lettre à la poste !
Ce soir donc, nous jouons notre première représentation du Mahâbhârata ici en Indonésie. Il y a aura une bonne partie du village présente, curieuse de savoir ce que les petits Orang Perancis (français) ont dans le bide !